Août 2011. Des milliers de citoyens danois sont déterminés à sauver une des rares forêts du Danemark, située à Østerild, qui doit être transformée en un champ expérimental d’éoliennes géantes de plus de 200 mètres de haut : les plus hautes du monde !

La télévision danoise montre des policiers assistés de chiens face à des militants écologistes attachés au sommet des arbres ou couchés devant les bulldozers prêts à ravager le site, illustrant ainsi une des faces cachées de l’industrie du vent qui bafoue l’écologie. Cette forêt de la région de Thy, au Nord-Ouest de la péninsule du Jutland, est un lien biologique vital entre deux espaces naturels protégés, les plus importants du Danemark pour les oiseaux migrateurs et les aigles marins ("pygargues"). Le processus d’évaluation d’impact environnemental ayant été bâclé, les écologistes ont déposé un recours devant les tribunaux nationaux ainsi que la Commission Européenne.

A peine un mois avant la décision de la Commission, afin de mettre les autorités devant le fait accompli, des tronçonneuses ont été lancées à l’attaque de la forêt. Le blocus organisé par les écologistes a été rompu par la police. Beaucoup se sont dispersés afin de continuer leur lutte par d’autres moyens. Certains sont montés aux arbres pour empêcher qu’ils soient coupés. La police a utilisé les chiens. "Au Danemark, on détruit ainsi une de ses très rares forêts pour sauver la planète", "En Ecosse et en Irlande, on détruit de grandes surfaces de tourbières pour y implanter des éoliennes et les routes qui les desservent». Or les tourbières sont protégées par Bruxelles car elles absorbent le CO2 de l’atmosphère environ 10 fois plus qu’une forêt. "Ceci devrait donner à réfléchir à tous ceux qui s’imaginent qu’un idéal écologique est à la base de la politique éolienne des gouvernements et de la Commission Européenne. La réalité, c’est que le lobby éolien contrôle tout grâce aux énormes subventions et aux avantages financiers qu’il reçoit des contribuables, et dont il se sert pour aplanir les obstacles."

[d'après un communiqué de presse de la plateforme contre les fermes éoliennes industrielles, EPAW (European Platform Against Windfarms), qui n'a pas de lien avec les désobéissants. Bien sûr les désobéissants sont favorables aux énergies renouvelables et en particulier aux éoliennes, mais refusent que l'on poursuive la course à la croissance et au gaspillage de l'industrie et du productivisme, en sacrifiant au passage les paysages, les espaces naturels, et en continuant de réserver le monopole de l'énergie aux grands groupes transnationaux. L'énergie la moins polluante est celle que l'on n'utilise pas. Pas question de sauver le capitalisme et son oeuvre de destruction au moyen des énergies plus ou moins vertes.]source http://www.desobeir.net/